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Linternationalmagazine.com, publié le 05/12/2009
Le Honduras se
retrouve avec trois présidents, un déchu, un élu
et un putschiste, et un avenir incertain au
lendemain du refus du Congrès de rétablir dans
ses fonctions Manuel Zelaya, renversé il y a
cinq mois par un coup d’Etat.
"Ce
qui s’est passé était prévisible, parce que le
coup d’Etat du 28 juin a été un coup
institutionnel", et montre clairement que
"l’oligarchie a un plan à long terme pour
continuer à gouverner le pays", estime
l’écrivain et analyste hondurien Eduardo Bahr.
M. Zelaya avait
bousculé cette "oligarchie" de
centre-droit au pouvoir depuis des années, et
dont il était lui-même un des héritiers, en
donnant un important coup de barre à gauche l’an
dernier, en se rapprochant notamment du
président vénézuélien Hugo Chavez.
Mercredi, 111
des 128 parlementaires ont voté contre son
retour au pouvoir, avec des prérogatives très
limitées, jusqu’à l’entrée en fonction de
M. Lobo. Ce vote du Congrès réduit la marge de
manœuvre du président récemment élu Porfirio
Lobo, pour réconcilier le Honduras avec la
communauté internationale qui a suspendu de
nombreuses aides vitales pour ce pays, où 70%
de la population vit sous le seuil de pauvreté,
pour protester contre le coup d’Etat.
Les Etats-Unis,
promoteurs de l’accord prévoyant le vote du
Congrès sur le retour de M. Zelaya, mais qui
avaient accepté l’organisation de la
présidentielle sans qu’il soit rétabli dans ses
fonctions, ont exprimé jeudi leur "déception".
"Nous sommes déçus de cette décision, car
nous avions espéré que le Congrès approuverait
son retour", a déclaré un porte-parole du
département d’Etat, Arturo Valenzuela.
"Le président
Zelaya est le seul président constitutionnel du
Honduras et il doit retrouver ses pouvoirs
constitutionnels", a estimé de son côté
Mauricio Funes, président du Salvador, l’un
des nombreux pays d’Amérique latine qui
contestent la légitimité du scrutin de dimanche.
M. Zelaya a pour
sa part dénoncé "une honte nationale",
à laquelle a contribué de façon décisive le
Parti national (PN) de M. Lobo, grand vainqueur
des législatives couplées à la présidentielle,
et qui détenait la clef du vote au Congrès.
Au contraire, ce
vote consacre le gouvernement putschiste de M. Micheletti,
de la droite la plus dure du Parti libéral
défait dimanche aux législatives, qui va pouvoir
mettre à mal les projets de M. Lobo de former un
gouvernement d’union nationale.
"Jusqu’à sa
prise de fonctions, le 27 janvier, il (Lobo) est
l’otage de la situation et des décisions que
prendra Micheletti", estime Francisco Rojas,
le secrétaire général de la Faculté
latino-américaine de Sciences sociales (Flacso),
qui siège au Costa Rica.
Après la défaite
de mercredi qui a montré le peu de soutiens dont
disposait M. Zelaya aujourd’hui, il semble peu
probable que le président déchu puisse
participer à la réconciliation nationale prônée
par M. Lobo.
Aujourd’hui, son
avenir se dessine entre l’exil et l’espoir d’une
amnistie. Le président déchu, réfugié depuis le
21 septembre dans l’ambassade du Brésil à
Tegucigalpa, est toujours menacé par
l’accusation de haute trahison lancée par les
autorités judiciaires et politiques après le
coup d’Etat.
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